Les vacances, c’est super chouette. Ça permet de profiter de tout ce qui nous passe sous le nez le reste du temps. Moi, par exemple, après une dure année à écrire sur les jeux vidéo, je vais me permettre le luxe hallucinant de jouer aux jeux vidéo. Et l’arrivée d’un nouvel add-on pour GalCiv 2 me plonge dans une allégresse liquoreuse et parfumée, genre sirop d’érable aromatisé au sang de porc.
Un bon jeu profond qui peut se retourner dans tous les sens : voilà ce je rate tout le temps à cause de ce maudit boulot. Alors, je vais en profiter au soleil. Parce que vous n’imaginez pas qu’on a le temps de jouer quand on boucle un bimensuel ? Faut pas être candides les gars. Tout le monde sait qu’on se contente de foncer sur Internet pour piquer les tests américains, de faucher les screenshots sur les forums, avant de lancer trois blagues pourries pour détourner l’attention. Et ce test s’apprête à suivre le même chemin, alors faites semblant d’y croire, merci.
GalCiv 2 et son précédent add-on occupait
jusqu’à présent le haut du panier en matière de stratégie spatiale au tour par tour, mais avec ce nouvel add-on, je pense qu’on peut facilement qualifier la série de digne égale de Civ 4 au pays des E.T.

Tous les screenshots ont été fournis par l’éditeur, parce qu’on joue qu’aux mauvais jeux, comme des idiots.
Tous différents, tous méchants.
En effet, Twilight of the Arnor revisite de fond en comble les principes érigés lors des épisodes précédents, mais ça, on en parlera plus tard. Évoquons plutôt la campagne solo qui délaisse nos potes nazis de l’espace, les Drengins, pour se recentrer sur l’humanité et la menace Dread Lords. Je sais que nous sommes peu nombreux à la jouer, les prétentieux préférant le mode "bac à sable", mais je tiens à préciser qu’elle s’affûte d’épisode en épisode, offrant un excellent apéritif avant le grand morceau. Et quand je dis grand, je n’exagère pas.
TotA a tout revu à la hausse, à commencer par la taille des galaxies disponibles : l’univers a eu une poussée de sève et dans la configuration de carte la plus vaste, je ne vous garantis pas que vous puissiez aller au bout de la partie avant de mourir d’épuisement. En parallèle, on découvrira qu’il n’est pas uniquement question de quantité. D’un point de vue qualitatif, le jeu a subi un sacré dépoussiérage. Les arbres technologiques des douze races reflètent désormais leurs philosophies. J’explicite. Fini le tronc commun et les spécialités dispersées à la va-vite qui donnaient l’impression de toujours rejouer une déclinaison de la même tribu. On découvre avec TotA des modes de fonctionnement radicalement différents (comme l’esclavagisme drenginois).
Et si les découvertes scientifiques sont souvent identiques d’un camp à l’autre, elles amènent systématiquement à des applications radicalement différentes. Le simple plaisir de découvrir des civilisations toutes plus pittoresques les unes que les autres se suffirait presqu’à lui-même, alors je refuse de vous gâcher la surprise. Évidemment, même les vieux de la vieille se retrouvent un peu désorientés, alors, pour vous permettre de vous en sortir peinard, l’interface a subi un sérieux lifting. On notera une énorme quantité de détails ajoutés là où il faut, quand il le faut, généralement pour permettre de préparer ses décisions à long terme, ainsi qu’une organisation bien plus logique qui fait écho au cheminement des tours et des parties.
Et puisqu’on n’est pas des bêtes, il est aussi question de remise à niveau graphique, un petit plaisir qui passe par de nouvelles textures pour les vaisseaux et des planètes évoluant en fonction de l’identité de leurs conquérants. En somme, c’est trop chouette, youpi, et je ne vais pas me gêner pour rater la piscine !
Twilight of the Arnor constitue un juste couronnement pour la série Galactic Civilizations. Ce nouvel add-on (nécessitant le jeu original et son grand frère) est tout simplement brillant. Il réussit d’un coup d’un seul à relancer tout l’intérêt de la découverte, le
genre de truc qui vous accroche mieux qu’un hameçon enduit de crack en plein dans l’œil.
On regrettera tout de même l’absence d’un mode multi, mais pour être honnête, je m’en fous : j’aurai pas Internet
à la plage.