Sincèrement, les gars d’Artificial Mind, je ne sais pas quoi vous dire. En deux titres, The Hulk et Iron Man, vous avez définitivement chamboulé mon univers. Ouais, vous avez bousillé tous mes repères, relevé les pires développeurs porto- moldaves dans les hautes sphères de la médiocrité et fait oublier un sacré paquet de foutages de gueule comme le minable Bad Day L.A. ou le dernier Soldier of Fortune.
D’ailleurs, Hulk est au-delà de toutes descriptions et pour en rendre compte, faudrait juste que j’invente une langue toute en vomissures et en imprécations, un vocabulaire viscéralement neuf, raclant dans la fosse septique de la sémantique. Manque de bol, je suis pas sûr d’en être capable, sans compter que je ne suis vraiment pas assez payé pour m’attaquer à ce genre de tour de force. Alors,
on va faire autrement, par le biais d’une subtile énumération entrecoupée d’images mentales bien tassées. Voilà un expédient qui a peut-être une chance de vous communiquer mon état mental en face de l’horreur inexprimable de
ce jeu. Je me prépare mentalement. Et c’est parti.

Selon l’éditeur,
ça devrait ressembler à ça.

Une config’ qui met en confiance.
Vers.
Gestion de la caméra ratée, seringue à moutarde plantée dans l’œil d’un bébé phoque, clipping à vingt centimètres du personnage, Valérie Damidot se fait le maillot, gameplay répétitif consistant à taper sur des trucs avec des machins, Arthur au ministère du rire, fausse liberté inspirée de missions à la GTA, les pieds nus des clodos du forum des Halles, résolution en 1400 par 900 basée sur un 640 par 480 rescalé (même les polices de caractère), le RER A coincé entre Vincennes et Nation un jour de canicule, des décors destructibles à base de cubes non texturés et de fumée bitmap, El Gringo prof de natation de votre fille de 6 ans. J’arrête, l’épreuve est bien trop éprouvante. Tant pis, vous passerez à côté du sel de ce ratage méticuleusement calculé et tout entier dédié à se foutre de la gueule des joueurs. On attirera tout de même votre attention sur l’incroyable effort de création à la base de son concept : on est Hulk, on est super fort, super vert et on casse tout en vue à la troisième personne sous prétexte de missions à la con dans une ville aux angles droits.
De temps en temps, sans qu’on sache pourquoi, une myriade de taxis absolument identiques se précipitent sur vous pour exploser, des mini-soldats et leurs pixelos lasers PwiouPwiou tout rouges vous attaquent tandis que des robots en 4 polygones vous chargent. Des fois, ils sont un peu plus foncés que d’habitude alors, c’est des boss de fin de niveau. Des fois, on croise des piétons qui dansent la tecktonik avec leur attaché-case. Des fois, on se sent seul et on a envie de mourir.
Mais, ça, c’est une erreur : on ne devrait pas avoir envie de crever, on devrait plutôt avoir envie de trouver et de saler les plaies purulentes des monstres qui ont pu commettre ce genre de titre et essayer de le vendre à des gamins sous prétexte que c’est le jeu du film. Pour être honnête, Hulk, le jeu sorti en 2003, était plus joli et largement plus drôle que ce morceau de mucus et pourtant, c’était pas vraiment la grande classe. Alors, faites comme moi, focalisez votre force psychique le 18 juillet à 18h pour que les mains des développeurs fondent pendant que leurs parties génitales enflent et les étouffent une fois pour toutes.
À l’occasion de ce test, je tiens à lancer un nouveau concept : la note négative. Hulk est tellement insultant pour le consommateur que ses développeurs doivent impérativement traîner comme un fardeau la calamité qu’ils ont déchaînée sur le monde. Une note qu’il faut considérer comme un avoir sur leur prochain jeu : lorsque le nouveau Artificial Mind débarquera à la rédaction,
il part direct, avant même son installation, avec une note sur six. Et vu la qualité générale de
leurs productions, on devrait pas tarder à atteindre les moins
l’infini moins un.