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Aussi étonnant que ça puisse paraître pour un "petit jeu" de ce genre, Everyday Shooter est édité par Sony en personne. Explication : la première version commerciale du jeu est apparue sur le PlayStation Network, pour quelque chose comme huit euros. Et c’est une tendance lourde en ce moment, aussi bien sur PC (Steam en est le champion du genre) que sur console où Microsoft et Sony veulent attirer le chaland avec ce genre de petits produits moins douloureux pour le porte-monnaie que le énième shoot 3D à 70€ pièce...
"Mais putain qu'est-ce que c'est que cette merde ?" fut ma première réaction en lançant Everyday Shooter. Menu minimaliste, musique au synthé qui m'a rappelé les pires démos sur Atari ST, le jeu se présente comme un shoot un peu "arty" : chaque niveau est un écran fixe dans lequel on dirige un…
je ne sais pas, un point, ou un carré, qui peut se déplacer avec les touches fléchées
et tirer dans n'importe quelle direction avec les touches Z, Q, S, D. Ça se joue donc les deux mains sur le clavier, et les deux yeux grands ouverts car chaque niveau d'Everyday Shooter est une réelle expérience visuelle. Dans le premier level, sur
un fond d'équaliseur bleuté, des cubes rouges et jaunes vous fonceront dessus tandis que vous essayerez de buter des sphères blanches pour qu'elles déclenchent une "réaction en chaîne" qui transformera les "ennemis" en points à ramasser – ces points qui serviront plus tard à débloquer vies et options supplémentaires. Dans le second niveau, dominante marron, ce sont des espèces de blocs de pierre clignotants qui se connectent les uns aux autres pour vous balancer des blobs verts ou des espèces de silex bleu clair… Voilà voilà. Le but n'est pas tellement de shooter tout ce qui bouge à l'écran (ça ne rapporte rien) mais plutôt de trouver quoi détruire pour déclencher ces fameuses "réactions en chaîne" qui transforment les bidules volant à l'écran en points à ramasser.
C'est sympa mais je retourne à GTA.
Et passée la première réaction, j'avoue que ça m'a amusé. Découvrir un nouveau niveau puis chercher, en slalomant entre les milliers de trucs qui vous sont lancés à la gueule, à créer la réaction en chaîne la plus rémunératrice, a quelque chose de nettement plus rigolo qu'un énième clone trafiqué de Space Invaders. La musique
et la touche artistique minimaliste de chaque niveau finissent de faire prendre la mayonnaise. Alors ça marche, malgré le côté répétitif, on se laisse séduire quelques heures à faire et refaire les mêmes niveaux pour piger ce qui se passe (dès fois, ça prend du temps), affiner la coordination entre la main gauche et la main droite, débloquer les vies et les effets supplémentaires pour voir
ce que ça fait… Et puis à un moment, pouf, j'ai décroché.
Peut-être parce qu'à partir du niveau 3 et 4, la difficulté devient affreuse et les vies tellement rares que j'ai commencé à me lasser de devoir passer les premiers niveaux pour la 30e fois de l'après-midi. Alors bon, c'est du jeu à moins
de 10 dollars donc je ne m'attendais pas à ce que ça me passionne six mois, mais on se trouve là vraiment aux limites entre un excellent freeware et un shareware qui n'aurait jamais dû devenir payant.

Votre "vaisseau", c’est le truc que j’ai marqué d’une flèche verte.
Si vous n’avez pas 10/10 à chaque œil, vous allez périr.
D'abord étrange, puis attirant, puis finalement lassant, Everyday Shooter est un de ces sympathiques ovnis offerts par Steam, à ranger à côté de l'excellent Defcon ou de Rag Doll Kung Fu. Il a le mérite de bousculer tous les codes du shoot-them-up et de présenter ça de manière un peu plus originale que le vaisseau spatial qui bute des cordées d'aliens tombant du haut de l'écran. Mais malgré l'originalité des contrôles et du graphisme, le côté répétitif de l'ensemble pointe quand même rapidement sa vilaine tête. Oui, comme pour n'importe quel shoot-them-up.