Dans la grande fraternité des testeurs de jeux comme dans toute honnête corporation, genre les percepteurs ou les égoueurs (les éboueurs des égouts), on a nos proverbes, des phrases lapidaires résumant à elles seules des centaines d’années de sagesse acquises dans la sueur et les
larmes. À l’instant, celle qui me vient à l’esprit, c’est "Quand un jeu City Interactive te fait marrer, l’actualité est bonne à jeter".
Parce que je viens de passer sept ou huit heures sur Ubersoldier 2, le sourire aux lèvres en plus, ce qui résume assez bien la terrible effervescence s’étant emparée du landerneau vidéo-ludique en ce printemps. Crimes of War, à l’image de son titre, est un jeu élégant, au concept léger : vous incarnez un zombie-cyborg-nazi doté de pouvoirs magiques revenu à la vie grâce à une petite fiesta sataniste. Dans le précédent épisode, vous avez conquis votre liberté en massacrant vos créateurs et aujourd’hui, vous allez conquérir celle des autres en faisant la peau aux mystérieux super nazis, pire que des nazis puisqu’ils tuent d’autres nazis, mais alors c’est peut-être qu’ils sont meilleurs et plus gentils que les nazis normaux, parce qu’ils font comme vous qui êtes le gentil, puisqu’ils tuent des nazis avant d’essayer de vous tuer pour relancer la production d’Ubersoldiers. Mais si, c’est vachement clair.
Et il fait ninja ?
Ce scénario absolument incompréhensible vous est délivré par un mix de dessins comics pas trop mal réussis et de ciné-matiques pourries, mais en fait on s’en fout. Car Ubersoldier 2, c’est d’abord et avant tout un gameplay. Un gameplay qui s’annonçait très mal avec un premier niveau en "shoot sur rail" vraiment navrant mais qui s’améliore au fur et à mesure. Évidemment, on flotte toujours dans les eaux territoriales du FPS médiocre et linéaire, mais grâce à plein d’idées pas trop mal exploi-tées, on finit par se détendre un peu.
Et d’une, vous disposez de pouvoirs : bouclier temporaire stoppant les balles, bullet time déclenché par quatre head-shots réussis durant un cours laps de temps ou berserk provoqué par des kills au corps à corps. Second point, à la fin de chaque niveau, en fonction des morceaux de bravoure sus-nommés accomplis, vous pouvez booster vos capacités (visée, vie, armure, durée des pouvoirs). Troisièmement, la localisation des dégâts est joliment gérée : les casques tombent sous les balles, les ceinturons pleins de grenades se détachent, les ennemis sont désarmés par un tir à la main, c’est sympathique.
Enfin, l’I.A. surprend pour un jeu de ce type, les méchants se mettent à couvert, réussissent à vous localiser du premier coup, cherchent à vous dénicher à coups de grenades. Alors, oui, c’est le SMIC du FPS, mais après Turok et ses fontaines de viande, Soldier of Fortune 3 et ses ennemis teubés ou Jericho et son ratage interstellaire, j’ai envie d’être super gentil. Allez hop, je mets 5.

"Helmut ! C’est dégueulasse, t’avais pas le droit de mettre la même tenue que moi pour le bal de l’UberstrupmpfchFuhrer !"
Crimes of War est extrêmement laid, pas franchement original et loin d’être un bon jeu. Mais, bon, faut être honnête : en face des saloperies sans nom dont on nous inonde depuis quelques mois, et avec des moyens minimalistes, Ubersoldier 2 a eu le mérite de m’occuper quelque temps. Évidemment, je ne vous incite pas à l’acheter, mais je tenais juste à remercier les développeurs qui se souviennent encore qu’un FPS, c’est fait pour viser.