Serveurs

image type de jeu
VAC securedMedic
0/24
cp_granary  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedScout
0/24
pl_hoodoo  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedPyro
0/24
cp_gravelpit  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedSpy
0/24
tc_hydro  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedUber
0/24
pl_hoodoo  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedJackson
0/4
l4d_hospital01_apartment  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedLenzi
0/8
l4d_vs_farm01_hilltop  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedRaimi
0/4
l4d_farm01_hilltop  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedRodriguez
0/4
l4d_farm01_hilltop  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedRomero
3/4
l4d_smalltown03_ranchhouse  fermer Screen Map
Nom Score
[CVC]Tontondavid 7
-=]³SPQR³[=- Las*** 5
[JoL]Shinobi-Reo 3
image type de jeu
VAC securedO'bannon
0/4
l4d_airport01_greenhouse  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedBoyle
0/4
l4d_hospital01_apartment  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedMattei
0/8
l4d_vs_hospital01_apartment  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedCraven
0/4
l4d_smalltown01_caves  fermer Screen MapLe serveur est vide
image type de jeu
VAC securedWood
0/8
l4d_vs_airport01_greenhouse  fermer Screen MapLe serveur est vide

Stats TF 2

classe_image
Soldier
=FRED@TOR=
14826 kills
classe_image
Medic
[CPC] Boitameuh
1047 kills
classe_image
Demoman
nameless65
16324 kills
classe_image
Scout
Nesquik
5698 kills
classe_image
Engineer
Option > Haelle...
2801 kills
classe_image
Pyro
[CPC] Freudeube...
20596 kills
classe_image
Spy
[CPC] Mr.Ike
8332 kills
classe_image
Sniper
mrcaribou
9351 kills
classe_image
Heavy
[CPC] Caillou
7263 kills
Avec l’arrivée de GTA IV et de son pesant de polémiques accrochées au pare-choc arrière, il nous a paru opportun de faire le point sur le cadre légal entourant le jeu vidéo en France. Effectivement, sommes-nous vraiment à l’abri des affres d’un avocat zélé hostile à notre loisir, à l’image du spectacle tragi-comique que nous offre Jack Thompson depuis l’autre rive de l’Atlantique ? Soyons clairs, il ne s’agit pas tant de mettre en avant l’homme et ses excès, que de savoir si la France permet – ou non – de tels débordements. C’est également pour nous l’occasion de lancer une nouvelle rubrique, "Jurigeek", dont l’objectif est d’analyser l’actualité du jeu vidéo sous un angle juridique et professionnel, mais néanmoins détendu....
En quelques années, Jack Thompson a construit sa "réputation" d'avocat anti-jeux vidéo en stigmatisant l'industrie au moindre fait divers, comme les fusillades dans les lycées pour ne citer que les plus dramatiques. Ce, afin de démontrer à quel point les éditeurs pervertissent l'esprit de la jeunesse avec des productions toujours plus immorales. Mu par une sorte de quête intime naviguant entre l'obsession de la procédure et le désir de convoler devant les caméras, l'Américain explique ainsi sans relâche que la violence juvénile n'a d'autre origine que celle véhiculée par des titres comme GTA ou Counter-Strike, à l'exclusion de tout autre facteur d'origine familiale, sociale ou plus simplement pathologique. D'offensives médiatiques en attaques judiciaires – où, quitte à se décrédibiliser, il avance des faits qui s'avèrent infondés –, Jack écume les Tribunaux pour exiger d'énormes réparations financières ainsi que l'interdiction de vente des titres corrupteurs. Quoi qu'il en soit, ce pseudo-pourfendeur d'éditeurs reste un confrère. Et comme dans confrère, il y a... frère, je ne souhaite pas ici l'attaquer personnellement, d'autant que ce n'est pas l'objet de ces pages. Car à la vue de ce qui se déroule outre-Atlantique, il s'agit bien de déterminer si la France, de par son arsenal judiciaire, pourrait un jour voir débouler un Thompson couleur locale, portant le béret de l'inquisition et la baguette de la bonne morale sous le bras.

Dégoûté ou débouté, même combat. Histoire de cadrer les choses, autorisons-nous cependant à rappeler quelques-unes de ses déclarations tout en retenue : "GTA, un simulateur de meurtres ; La distribution massive des jeux vidéo japonais, un Pearl Harbor 2.0 ; Halo 3, un désinhibiteur d'instincts meurtriers". Cet homme maîtrise son sujet, c'est une parfaite évidence. Mais notre cousin américain ne se contente pas de parler, il agit aussi. Dès 1997, alors qu'un gamin de 14 ans venait d'ouvrir le feu au Kentucky sur un groupe d'étudiants, tuant 3 personnes et en blessant 5 autres, Jacko attaqua un paquet de sociétés éditrices de jeux vidéo, car l'enquête avait établi que le tueur jouait à Doom (oui, ben on était en 1997), Quake, Castle Wolfenstein, Redneck Rampage, Nightmare Creatures, Mechwarrior (ah ça c'est intolérable) ou encore Resident Evil. Comme le gamin avait aussi une cassette du film Basketball Diaries et qu'il matait des sites porno sur le Web, notre bon avocat mit également en cause, pour faire bonne mesure, des producteurs d'Hollywood et des ISP, réclamant 30 millions de dollars à tout ce petit monde. Jacko déclara à cette occasion : "Je veux blesser Hollywood. Je veux blesser les jeux vidéo. Je veux blesser les sites pornographiques." Bon, en fait, c'est surtout son orgueil qui a été blessé puisque la Cour fédérale le débouta de ses demandes, au motif qu'il n'y avait pas de lien de causalité entre les agissements du meurtrier et les médias mis en cause. Divers recours furent exercés, qui portèrent l'affaire jusqu'à la Cour Suprême, mais toujours sans succès.
Le classement PEGI
Le PEGI (à ne pas confondre avec la PJ…), le "Pan European Game Information" de son vrai nom, est un système de classement européen créé début 2003 pour éviter que des mineurs ne soient confrontés à des logiciels de loisir au contenu inapproprié. Il se décompose en deux classifications : une en fonction de l'âge requis pour s'amuser à tel ou tel jeu : 3+, 7+, 12+, 16+ et 18+. Une autre en fonction du contenu du jeu, avec sept descripteurs : Jeu contenant des scènes de violence, contenant des expressions vulgaires, dont le contenu peut effrayer de jeunes enfants, faisant allusion au sexe ou montrant des scènes de nudité, faisant référence à la drogue et encourageant ou enseignant les jeux de hasard. Tiens, c'est amusant, c'est pile poil le communiqué de presse d'un GTA !


Dur à la douleur. Vous pourriez penser que cela l'aurait refroidi, que nenni, l'avocat ami-ami des jeux vidéo s'est au contraire déchaîné. Il faut dire qu'entre-temps, GTA III était sorti. En février et octobre 2003, en janvier 2005, en septembre 2006 et en mars 2007, il a saisi les Tribunaux contre la saga des GTA, toujours pour prouver – à la suite d'une tuerie – que le meurtrier était un adepte de la franchise, allant jusqu'à harceler les victimes ou les parents des victimes pour être leur avocat… toujours sans réussite. Ah si, il a quand même obtenu une sacrée récompense : après avoir passé un accord de "non-agression" avec Take-Two en avril 2007, il a décidé d’attaquer directement des juges qui lui paraissaient trop mous, une brillante tactique qui a conduit à son bannissement temporaire du barreau de Miami en mars 2008. Résultat des courses, il ne peut faire aucune démarche judiciaire seul, toutes ses actions doivent être cosignées par un autre avocat du barreau de Floride. Mais cessons de ricaner un instant et posons-nous gravement la question. Sommes-nous à l'abri d'un Jack Thompson à la française ?
Pour l'instant, nos lycéens ne tirent pas encore aveuglément à l'arme automatique sur leurs petits camarades avant de se faire sauter le caisson. Pourtant, ils jouent aux mêmes jeux que les Américains, et tiens, c'est marrant, personne n'a encore pensé à soulever ce point aux États-Unis pour défendre l'industrie des jeux vidéo. Point besoin alors de chercher un bouc émissaire en épluchant la vie de ces jeunes sauvageons pour hurler au démon, lorsqu'on découvre un CD de Heavy Metal, un livre de Stephen King, un DVD de Matrix ou une copie de Manhunt planqués sous le matelas. Pourtant, le législateur français réprime lui aussi la diffusion de messages violents.

Tu ne tueras point. Déjà en 1881, alors que Lara Croft n’était pas encore née, on pouvait trouver une infraction de provocation à la commission de crimes ou de délits (article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse) qui implique une peine de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Eh bien sachez, amis gamers, que cette infraction pourrait également être commise par le biais de jeux vidéo. Nous pouvons également citer l'article 227-24 du Code pénal, qui condamne à 75 000 euros d'amende et à trois ans d'emprisonnement tout message à caractère violent ou pornographique, quel que soit le moyen de sa diffusion, s'il est susceptible d'être vu par un mineur. Vous reconnaîtrez volontiers que ça peut faire mal puisque, ce texte s'appliquant à tout support, il concerne là encore les jeux vidéo, sans aucune ambiguïté. Certes, la production vidéoludique est soumise au classement PEGI, un système de classification européen qui fixe un âge minimal requis pour pouvoir jouer à certains jeux, complété par la loi française du 17 juin 1998 relative à la protection des mineurs. Mais, ces dispositifs ne sont pas réellement protecteurs, car échappe à leur contrôle l'ensemble des jeux qui peuvent se pratiquer online avec système de chat intégré.
Un MMORPG qui, à la base, se contente d'offrir à ses joueurs un univers pour leveller paisiblement en farmant des ragondins à la chaîne peut, à cause de quelques utilisateurs, abriter une guilde d'elfes nazis prônant la solution finale contre les nains. C'est peut-être ridicule, mais cela peut s'apparenter à un message violent (d’où le message apparaissant au lancement de certains jeux, expliquant que le contenu du jeu peut être modifié au cours des parties online). Quant aux jeux clairement agressifs, dûment labellisés comme tels et interdits aux mineurs, il ne faut pas se leurrer. Les grandes enseignes de distribution ne contrôlent quasiment jamais l'âge de l'acheteur. Comme beaucoup d'entre vous, j'ai personnellement vu un enfant d'une douzaine d'années acheter seul un exemplaire de GTA Vice City sans aucune difficulté. Et c'est sans compter les sites de vente en ligne ou les démos téléchargeables sur Internet.
Jack Thompson, l’artiste
Notre avocat vedette a beau perdre ses procès, cela ne l'empêche pas de céder au penchant bien américain de faire des déclarations ou d'assumer des comportements "bigger than life". Voilà quelques-unes de ses perles à faire rougir de honte un attaché de presse japonais de Sony.
-Il s'est dit outré de la possibilité de dénuder des poitrines féminines offerte par un mod d'Oblivion, allant jusqu'à affirmer que les développeurs avaient sciemment inclus cet élément pour corrompre l'esprit des jeunes Américains. Il a ajouté ensuite que le président de Take-Two, éditant Oblivion, devait être traduit en justice pour "diffusion de matériel pornographique nuisible aux mineurs".
-Après avoir tenté d'interdire la vente de Bully en demandant à un juge d'y jouer avant sa sortie, Jack s'irrita vivement de constater que le juge n'accéderait pas à sa demande ; il a alors déclaré que le juge avait souri à la lecture du jugement, alors même que cette décision pourrait inciter les ados à commettre des actes de violence, voire un meurtre. Il s'est du coup retrouvé attaqué pour outrage au tribunal.
-Pour annuler la sortie de GTA IV, il n'a pas hésité à demander l'aide de Bill Gates en personne pour faire entendre sa cause.
-Le Barreau et la Cour suprême de Floride ont lancé une procédure visant à radier Jack Thompson en raison de son comportement, disons, peu déontologique. Ce monsieur a alors déclaré en substance : "Je poursuis moi-même le Barreau et je peux vous assurer qu'ils sont bien plus mal barrés que moi." Aux dernières nouvelles, le jugement devrait être prononcé à la fin de l'été. Ce retard est dû au fait que le juge doit éplucher 2500 pages de retranscription des débats, 76 éléments de preuve, totalisant 1700 pages à l'encontre de Jack et rien moins que 400 emails, plaintes et autres lettres (agrémentées parfois de photographies) envoyées au Tribunal par Jack depuis décembre 2007. Par exemple, il a ainsi envoyé une lettre à la Cour suprême de Floride pour l'aider à comprendre ses arguments, illustrée de photographies de Paul Simon et Ray Charles, de la jaquette de Grand Theft Auto Vice City, d'un bébé, de Jack Nicholson, de lui-même ou encore d'un magistrat affublé d'une tête de kangourou. Et même d'une croix gammée.
-Attaqué préventivement par Take-Two qui craignait une pluie de procès consécutive à la sortie de Manhunt 2 et de GTA IV, il a déclaré : "J'ai prié – littéralement – pour que Take-Two et ses avocats fassent quelque chose d'aussi imbécile, aussi arrogant, aussi stupide, encore plus que tout ce qu'ils ont fait jusqu'à maintenant, parce que ce faux-pas me permettra de les détruire."
-Il a utilisé deux fois son fils mineur à titre de preuve : il l'a envoyé à l'âge de 10 ans acheter dans une chaîne de magasins (Best Buy) GTA Vice City et à l'âge de 15 ans BioShock, deux jeux estampillés M pour Mature.
-Il n'a pas hésité à considérer la première mission de GTA IV, qui conduit apparemment le personnage principal à devoir assassiner un avocat anti-jeux vidéo, comme une attaque personnelle qui "met en danger sa sécurité physique".
GTA Vice (de procédure) City. Cette situation n'a pas manqué d'agiter les esprits. Ainsi, des grandes surfaces ont fait l'objet d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association Familles de France sur le fondement de l'article
227-24 du Code pénal. Ces coquins avaient en effet refusé de retirer des jeux que l'association avait jugés "les plus violents et cruels". Même topo pour Linden Lab, la société qui édite le jeu communautaire Second Life. Dans une célèbre affaire, il lui était reproché le fait que "les utilisateurs ont la possibilité de mimer des rapports sexuels, allant même jusqu'à des scènes de viol, de bondage, de zoophilie et de scatophilie". Si cette procédure s'est soldée par un échec, cela ne permet pas d'en conclure que le jeu vidéo est à l'abri de telles attaques. Car si le Juge des référés parisien a en effet débouté l'association Familles de France le 2 juillet 2007, c’est uniquement parce que le constat d'huissier sur lequel se trouvait fondée la demande n'apportait pas la preuve d'un risque pouvant affecter les mineurs. Comprenez qu'une procédure menée avec des preuves plus solides pourrait facilement contraindre le juge à se poser la question du caractère répréhensible de tel ou tel acte de violence perpétré dans un univers virtuel.

À trop vouloir prouver, on se fait désapprouver... Votre sagacité me surprend. Si si. Vous vous étonnez qu'un constat d'huissier puisse être rejeté dans le cadre d'un débat judiciaire. Eh bien, comme c'est savoureux, voilà ce que le juge des référés a relevé : "L’huissier, loin de se contenter d'un simple constat, perdant ainsi en toute apparence la maîtrise qu'il se doit de conserver en permanence sur les constatations qu'il est chargé de relever personnellement et sous sa responsabilité, décide d'abandonner le contrôle des faits et gestes de sa créature, l'avatar AY Giha, à son mandant [L'association Familles de France] présent à l'étude : que celui-ci, suivant le procès-verbal, se connecte alors pour ce faire via le même réseau de connexion, mais à partir de son propre ordinateur, et sans pour autant que mention soit faite de la prise de l'une des précautions préalables mentionnées plus haut (description et identification de l'ordinateur, purge des caches, etc.) ; que la manipulation par l'un, le mandant, de l'avatar – AY Giha – créé par l'autre, et par l'huissier de l'autre avatar – Kalel Carter –, ne relève alors plus de la mission de constat confiée, mais d'opérations en excédant le cadre et qui n'auraient pu le cas échéant s'envisager qu'après en avoir soumis préalablement à l'autorité judiciaire compétente le principe et les modalités, permettant notamment d'apprécier leur légitimité et de tracer le cheminement suivi ; que ce constat ne pourra dès lors qu'être écarté, les défendeurs faisant valoir à juste raison qu'il ne présente aucune valeur probante des possibilités réellement offertes à un mineur d'avoir accès puis de participer en se présentant comme tel aux scènes du genre décrit." Pour ceux qui ont survécu à cette lecture, en résumé, le juge reproche à l'huissier d'avoir laissé Familles de France utiliser l'avatar créé pour la cause sur l'ordinateur personnel de l'association, et ce sans que le juge puisse contrôler si un mineur peut effectivement avoir accès à des scènes relevant de la pornographie. Le juge reproche en gros à l'association d'avoir fabriqué sa propre preuve.
1999 - 2007 : Grand Theft Voto à l'Assemblée nationale. Mais il y a pire. Jusqu'ici, nous évoquons une législation généraliste qui peut s'appliquer aux jeux vidéo. Cependant, ces derniers agitent depuis longtemps l’esprit de nos députés, qui se sont autorisés quelques phrases qui – sans concurrencer Jack Thompson – posent l’ambiance. Remontons à 1999. Alors que les braves gens se tétanisaient d'angoisse à l'idée du bug de l'an 2000 qui devait mettre à bas l'ensemble de l'économie mondiale, nos hommes politiques préféraient s'émouvoir de ce qu'au Noël qui venait de passer, "les rayons des supermarchés ont regorgé de jeux vidéo permettant d'empaler, de noyer, de torturer et d'entendre hurler ses victimes ou encore d'écraser des piétons en toute impunité". Madame Martine Aurillac, députée de l'ancien RPR, s'interroge, lors de la séance du 20 janvier 1999 : "Ma question sera simple. Elle intéresse tous les parents qui souvent ne sont pas informés du caractère violent de ces jeux et elle ne me semble pas sans rapport avec la montée de la violence constatée chez certains jeunes. Quand allez-vous, madame la garde des Sceaux, établir un véritable contrôle sur la diffusion de tels jeux et procéder à une véritable interdiction d'exploitation ? Quand allez-vous donner des instructions à vos services pour que les sanctions pénales prévues par la loi soient appliquées aux diffuseurs de ces jeux ?" Il faut savoir que cette question fut applaudie par les membres du RPR, de l'UDF, de Démocratie libérale et par quelques membres du groupe socialiste. Toutefois, aucun texte de loi précis ne suivit cette interrogation, et on rassura Madame la Députée de ce qu'on faisait tout ce qu'on pouvait et que "les consommateurs ont le droit de porter plainte". Ouf ! on a eu chaud.

C'est arrivé près de chez vous. Mais nos députés étant vraiment inquiets pour leurs têtes blondes, un projet de loi fut déposé en novembre 1999 afin de lutter – je cite – contre les jeux vidéo "qui proposent aux jeunes (qui constituent la plus grande part de leur clientèle) des situations de violence où le joueur tient un rôle : on note à cet égard que bien souvent, il est possible d'opter indifféremment pour le rôle du "bon" ou du "méchant". Certains de ces jeux sont d'un goût douteux ; outre la violence exacerbée qui les caractérise, d'aucuns véhiculent même des "messages" pornographiques et parfois font réapparaître les svastikas de sinistre mémoire." Moi, perso, j'aurais ajouté qu'offrir à notre jeunesse de manipuler un plombier moustachu est un encouragement à l'homosexualité, ou encore que la grosse épée de Link est un honteux hommage rendu à Rocco Siffredi, mais bon, nos braves députés ne peuvent pas jouer à tout non plus. Ce projet de loi n'ayant pas eu le succès escompté, il fut représenté en septembre 2002, toujours par nos gais lurons de l'actuelle UMP, mais toujours sans succès. Aux dernières nouvelles, le texte serait perdu dans les limbes de la commission des lois de l'Assemblée nationale (visualisez l'entrepôt militaire qui stocke l'arche d'alliance en moins glamour). Sautons une petite décennie et nous voilà le 5 mars 2007, journée plutôt ensoleillée qui vit la signature de la loi 2007-309 qui prévoit, pour les sociétés qui produisent des jeux vidéo qui contribuent au développement de la création française et européenne, et dont le coût de développement est supérieur ou égal à 150 000 euros, un crédit d'impôt. Pour les petits masochistes, sachez que ce texte est devenu l'article 220 terdecies du Code général des impôts. Oui, ça calme. Eh bien, cette loi précise que "n'ouvrent pas droit au bénéfice du crédit d'impôt les jeux vidéo comportant des séquences à caractère pornographique ou de très grande violence, susceptibles de nuire gravement à l'épanouissement physique, mental ou moral des utilisateurs". Certes, pour l'instant, ce n'est que fiscal. Mais l'idée est bien là. Pour le législateur français, il est acquis qu'un jeu vidéo peut causer un dommage grave à l'épanouissement même physique des joueurs, et on notera ici qu'il ne s'agit pas de mineur, mais de tout utilisateur, sans distinction. Nous en sommes là.
En conclusion. Alors finalement, le risque de voir fleurir des procédures hexagonales "à la Thompson" relève-t-il du fantasme ou de la réalité ? Eh bien pour l'instant, si les jeux vidéo non-politiquement corrects sont clairement visés par le Code général des impôts, rappelons qu'il n'existe pas encore de législation répressive qui leur soit spécifiquement dédiée... mais ce n'est pas faute pour nos députés d'avoir essayé. Cependant, puisque le code pénal peut déjà être invoqué en cas de besoin, le fait est que nous ne sommes absolument pas à l'abri d'un Jack Thompson à la française, utilisant l'arsenal juridique à sa disposition pour interdire la vente des jeux dits violents. Et ce d'autant que l'évolution législative, telle que nous l'avons retracée, laisse présager que, tôt ou tard, nos institutions voteront une loi spécifique pour lutter contre la présumée mère de tous les vices de la jeunesse, le jeu vidéo. La vigilance reste donc de mise, car les joueurs français pourraient fort bien se réveiller un matin avec une méchante gueule de bois.
Quant à Familles de France…
L'association a tenté de régler leur compte aux jeux vidéo par la voie judiciaire, sans grand succès. Mais elle a également voulu imposer un "label Familles de France" censé être supérieur au classement PEGI. Le dossier de presse de l'époque nous apprend que la présence d’une scène correspondant à l'un des critères suivants ne permet pas au jeu d’obtenir le label "Familles de France".

A) Violence
1. Actes de violence gratuits entre joueurs dans l’univers virtuel du jeu vidéo
2. Actes de violence gratuits envers les personnages virtuels du jeu contrôlé par le programme du ludiciel
3. Actes de violence gratuits envers les animaux présents dans le jeu
4. Utilisation abusive d’armes à feu et/ou d’armes blanches
5. Présence de sang dans le jeu

B) Sexe
1. Actes sexuels entre joueurs dans l’univers virtuel du jeu vidéo
2. Actes sexuels envers les
personnages virtuels du jeu contrôlé par le programme du ludiciel
3. Actes sexuels envers les animaux présents dans le jeu
4. Incitation à la débauche sexuelle
5. Visibilité d’organes génitaux humains
6. Présence de personnes dénudées
7. Dénigrement de la gent féminine et/ou masculine
8. Présence d’excréments

C) Stupéfiants
1. Présence et/ou utilisation de drogue
2. Présence et/ou utilisation d’alcool
3. Incitation à l’utilisation de stupéfiants
4. Incitation à la vente et/ou achat de stupéfiants

D) Atteinte aux bonnes mœurs
1. Perpétration de contravention et/ou délits et/ou crimes
2. Incitation à la perpétration de contravention et/ou délits et/ou crimes
3. Atteinte aux représentants de l’autorité publique
4. Dégradation – gratuite – des biens mobiliers et/ou immobiliers virtuels
5. Promotion et incitation à l’incivisme
6. Incitation à la révolte et à l’insurrection
7. Insultes, termes injurieux, propos offensants
8. Promotion de scénarios historiques révisionnistes et négationnistes
9. Propos xénophobes et/ou racistes et/ou antisémites
10. Présence et/ou utilisation de tabac

Évidemment, c'est du précis. Mais les pouvoirs publics n'ayant pas donné force de loi à ce label, les jeux choisis par Familles de France com-me accessibles à des mineurs sont simplement mentionnés sur le site internet de l'association, celle-ci précisant qu'à partir de la mise en vente du jeu, l’éditeur pourra apposer sur la jaquette de celui-ci le label. À ce jour, l'initiative n'a guère été suivie.
Note de la rédaction :
Mais qui est Grand Maître B ?

Contrairement aux apparences, ce pseudo n'est pas utilisé par un rappeur de la famille Bundy mais par un avocat inscrit au Barreau de Paris, également gamer invétéré, dont la passion pour le Droit se dispute en permanence à celle des univers numériques. Il convient de prévenir que son souci d'éclairer le néophyte sur les aspects juridiques des mondes imaginaires le pousse à une vulgarisation de ses propos ; informer sans assommer, tel est son crédo. Un emploi du temps difficile l'amène à concentrer sa pratique sur les FPS et les RPG, ses petits préférés. Et il a aussi une Wii... pardon, une vie à côté. Sa stratégie judiciaire préférée reste la défense Chewbacca, bien que les grincements de chaussures, les sifflements du nez et les gargouillements gastriques obtiennent également ses faveurs.
Grand Maître B