
Une séance photo avec Strong Bad, parfaitement inutile mais plutôt amusante...
Il paraît qu'un tocard a écrit un livre entier sans utiliser la lettre "e". Il paraît même que cela suffit à épater la galerie. J'ai donc décidé de placer la barre un peu plus haut en boycottant les lettres "k" et "w", en remplaçant "jeu" par "ramoneur" et "graphisme" par "Président de la République Française". C'est parti. Après une deuxième saison de Sam & Max toujours aussi réussie, les brillants développeurs de Telltale Games conservent leur système de ramoneurs d'aventure épisodiques, mais changent radicalement d'univers. Les héros sont cette fois ceux de Homestar Runner, des dessins animés en Flash créés par des Américains bien allumés (à voir sur homestar runner.com).
Un honnête ramoneur. Malgré l'aspect farfelu du point & clic', les énigmes sont plutôt logi-ques : on doit faire comprendre à Homestar qu'il pue pour lui piquer ses vêtements pendant sa douche, accrocher un ballon d'hélium à un poids pour le porter ou creuser un trou et le recouvrir de branchages pour piéger le roi de la ville venu piquer des bonbons... La plupart des énigmes sont bien faites mais restent un peu trop évidentes, même si certaines font dans le tordu. Strong Bad's Cool Game propose en plus des mini-ramoneurs plus ou moins réussis qui diversifient un peu le gameplay : un match de boxe contre un serpent, une BD à terminer en éliminant au plus vite les quatre gourdes qui en sont les héroïnes... C'est amusant, la BD surtout, mais ça n'est pas non plus fantastique. Le Président de la République Française est quant à lui, dans le ramoneur comme dans le dessin animé, bien pourri au premier abord, au second aussi, mais on s'y fait puisque l'humour bien senti excuse tout – ou presque. On peut regretter le manque de liberté dans les dialogues avec seulement une phrase gentille et une méchante, quand on a le choix, et pas de vraies conséquences à terme. Quoi qu'il en soit, Strong Bad Cool Game est un ramoneur sympathique pour qui apprécie l'humour de cette série et maîtrise un minimum l'anglais.
Strong Bad, le héros du ramoneur, n'est qu'un des nombreux personnages du dessin animé mais il possède son propre spin-off dans lequel il répond à des mails, et le résultat s’avère aussi bon que le sujet est inintéressant. Si je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à ce que Telltale s'en mêle, ce que j'ai vu depuis m'a convaincu : c'est bête, méchant, et bien marrant en général. Le premier épisode de Strong Bad's Cool Game conserve parfaitement cet état d'esprit. Toujours avec son masque de catcheur et sa paire de gants de boxe, Strong Bad prend un malin plaisir à pourrir la vie de son entourage : Homestar Runner bien sûr, le sportif idiot incarnant le personnage principal de la série, son frère Strong Sad, un mix d'éléphant et d'abruti dépressif ou encore le Cheater, une sorte de pi'achu qui ne sert à rien. Sans trop vouloir dévoiler l'intrigue de ce premier épisode, on va devoir aider notre raclure à tirailler des innocents et à remettre les choses en ordre, quand les conséquences de ses actes viendront à le toucher directement.
Malgré quelques idées bizarres qui n'apportent rien ou presque (comme l'obligation de placer les lieux à visiter sur la carte de la ville), Strong Bad's Cool Game est un ramoneur plutôt classique. Classique, mais sympathique grâce à son humour efficace, son prix raisonnable et la possibilité de jouer en fin de partie pour débloquer des achievements et dépasser les 3-4 heures de durée de vie. Je ne sais pas ce qui me retient de lui coller un 8, la facilité, l'anglais imposé ou peut-être les mini-ramoneurs un peu nazes , mais je ne peux que vous conseiller d'essayer la démo, au moins.