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L’architecture x86 a 30 ans. Inaugurée en 1978 avec le lancement du microprocesseur 8086 par Intel, elle n’a cessé d’évoluer, passant des PC classiques aux serveurs, puis des portables aux supercalculateurs, et tout cela en préservant toujours la sacro-sainte rétrocompatibilité. Le jeu d’instruction x86 n’était cependant pas prévu à ce brillant avenir puisqu’il ne s’agissait au départ que d’une solution temporaire conçue en attendant l’arrivée de l’iAPX432, une architecture « révolutionnaire » pour l’époque qui faisait la fierté d’Intel. Las, les développeurs ont préférés la simplicité du x86 et la compatibilité avec le parc installé par rapport à une nouvelle technologie qui nécessitait de tout recoder de zéro.
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Et l’iAPX432 n’a pas été la seule victime. Dans les années 80, Alpha, NEC, Sun et d’autres fabricants de processeurs dotés de jeux d’instructions différents ont subit de plein fouet la concurrence grandissante du x86, de plus en plus répandu et donc de plus en plus indétrônable. Ce n’est qu’à l’approche de l’an 2000 que beaucoup ont cru à la fin du l’ère amorcée par le 8086 : l’Itanium d’Intel et sa nouvelle architecture 64-bit devait tirer un trait sur les anciennes technologies. Encore une fois, l’histoire s’est répétée et l’Itanium n’a jamais dépassé le stade du marché de niche. Ultime victoire, c’est Apple qui finit quelques années plus tard par jeter l’éponge en remplaçant ses bons vieux Motorola par des processeurs x86. |
Alors, toute la Gaule est occupée ? Toute ? Non ! Un petit bastion d’irréductibles résiste encore et toujours à l’envahisseur. Car s’il est un domaine ou le x86 n’a pas encore mis les pieds, c’est dans les petits appareils électroniques qui nécessitent un processeur ne consommant que quelques mW. Et dans ce domaine, de l’iPhone à la Freebox et de la Nintendo DS aux NAS, c’est l’ARM qui règne en maitre. Cette architecture inventée en 1983 est parfaitement adaptées aux applications embarquées car conçue pour limiter au maximum les besoins en énergie et la dissipation thermique.
| Absent de ce marché, Intel a d’abord cherché à produire ses propres puces ARM par le biais de sa filiale XScale. Le succès n’a jamais vraiment été au rendez-vous. A Santa Clara, on a alors décidé de changer de stratégie : puisque le x86 a déjà enterré des tas d’autres architectures, adaptons-le pour qu’il puisse concurrencer l’ARM frontalement. XScale revendu, les ingénieurs d’Intel se sont donc concentrés sur la conception d’un processeur x86 nettement plus économe en énergie que les versions actuelles. La chose n’était pas aisée puisque l’architecture x86 est assez lourde par nature et n’a jamais évolué dans ce sens. Malgré tout, les premiers produits commencent à arriver sur le marché en fanfare : ce sont les fameux processeurs Atom, annoncés à l’IDF (Intel Developers Forum) début Mars. | ![]() |
S’ils ne peuvent prétendre à concurrencer les ARM pour le moment, ils représentent un premier pas vers ce qui devrait aboutir dans quelques années (Intel parle de 2011) au but recherché : des CPU x86 consommant moins d’un quart de Watt tout en offrant des performances de premier ordre. Les premiers processeurs Atom ne sont donc pas encore adaptés pour un téléphone portable, mais restent le compromis idéal pour les Netbooks (des portables minimalistes conçu exclusivement pour l’accès à Internet) ou même pour concevoir un mini-PC silencieux, économe en énergie et très économique.
Nous avons pu nous procurer l’un des tout premiers exemplaires d’une plateforme Atom complète. Pour ce test, nous allons donc commencer par expliquer les différents composants de cette plateforme, puis nous étudierons en détail ce processeur qui apporte de nombreux changements par rapport à ce que l’on connaissait déjà. Nous nous intéresserons ensuite aux performances du cœur de l’Atom ainsi qu’à ses caches avant de le comparer à d’autres CPUs. Sans plus attendre, procédons.
